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L'ÉGLISE RÉFORMÉE DU QUÉBEC
(English Translation Available Here)

Église réformée du Québec

« À Dieu soit la gloire dans L'Église
Et en Jésus-Christ,
dans tous les temps Et pour tojours.
« Amen » .

Éphésiens 3:21

Ce texte a été rédigé par David Craig et Paulin Bédard d la demande du comité chargé de préparer l'inauguration de l'Église réformée du Québec. C'est avec joie qu'il est présenté, pour cet événement mémorable, aux membres, collègues et amis de l'Église réformée du Québec.

Québec, le 6 novembre 1988


 

Table des matières

I. Qui sommes-nous?
Notre identité

II. D'où venons-nous?
Notre histoire

III. Que croyons-nous?
Notre foi

 

IV. Comment sommes-nous organisés?
Notre structure.
V. Que faisons-nous et qu'offrons-nous?
Notre engagement et notre service
VI. Quels sont nos projets?
Notre avenir

 

Pour plus d'information
Bibliography

 

Chapitre I

Qui sommes-nous?
Notre identité

1. Notre Église porte le nom d'Église réformée du Québec (É.R.Q.). C'est une Église chrétienne fondée sur la foi en JésusChrist, Seigneur et Sauveur du monde. Avec tous les autres chrétiens et chrétiennes, nous partageons un héritage commun dont nous sommes fiers. Notre spécificité est d'être réformés, c'est à dire héritiers de la Réforme de l'Église qui a eu lieu au 16e siècle dans la plupart des pays d'Europe. Ce nom signifie également que nous désirons constamment réformer notre foi et nos agissements à la lumière de la Bible, la Parole de Dieu.

2. Au 6 novembre 1988, date de l'établissement officiel de l'Église réformée du Québec, nous comptons neuf paroisses - ou Églises locales - fondatrices, dont huit sont situées dans différentes régions du Québec - à Sainte-Foy, Montréal, TroisRivières, Saint-Georges de Beauce, Saint-Lambert, Repentigny, Sainte-Croix de Lotbinière, Saint-Romuald - et dont une est située hors Québec - à Ottawa. Pour la plupart, nous sommes Québécois, francophones, et nous occupons des professions et des métiers très divers dans la société. Des gens appartenant à des cultures, régions ou pays assez variés contribuent également à enrichir notre diversité.

Nous comptons parmi nous des gens de tous âges : de jeunes enfants, des adolescents, des étudiants, des travailleurs ouvriers et professionnels et des gens à la retraite. La présence de plusieurs jeunes familles montre bien le caractère dynamique de notre Église. Nous reconnaissons que le Seigneur Jésus-Christ, Chef de l'Église, nous a mis ensemble, nous et nos enfants, dans une communauté ayant une même vision, un même amour, une même foi et une même espérance, pour vivre à sa gloire et le servir là où Il nous a placés.

3. Bien que la fondation officielle de l'Église formée du Québec soit récente, nous ne sommes pas des nouveaux venus sur la scène québécoise et canadienne. Nous avons une histoire récente et plus ancienne. L'Église réformée du Québec s'identifie, bien sûr, aux témoins'de la foi, remontant jusqu'aux sources les plus anciennes de la tradition chrétienne. Plus proche dans le temps, nous sommes également héritiers des chrétiens d'expression réformée qui nous ont précédés ici même au Québec et autrefois en Nouvelle-France, tout autant que dans les vieux pays francophones d'Europe. Nos racines plongent aussi dans l'histoire de la grande famille réformée qui existe dans de nombreux pays et dans de nombreuses langues dans le monde.

4. Nous avons aussi un crédo, une foi dont nous sommes particulièrement fiers. Nous voulons vivre cette foi dans notre société d'aujourd'hui et la proclamer au peuple dont nous faisons partie et à tous ceux qui nous entourent. C'est sur cette foi en l'Évangile que se tisse l'unité de l'Église réformée du Québec. Sa formulation est exprimée ou résumée dans des textes que nous appelons "confessions de foi". Certaines de ces confessions de foi proviennent de la Réforme et d'autres, qui s'en inspirent, sont plus récentes.

5. Nous avons aussi une, une structure, qui permet de gérer les affaires de l'Église et qui lui assure une direction, en particulier dans la prédication de l'Évangile, l'administration des sacrements, l'éducation de la foi, la coordination et le développement de l'Église. Les principes généraux de cette organisation sont présentés dans un texte sur lequel les responsables ou représentants des paroisses de l'Église réformée du Québec se sont mis d'accord.

6. Notre engagement et notre service chrétiens se traduisent d'abord par l'adoration de Dieu ainsi que par l'étude et la mise en pratique de sa Parole. Ils se traduisent aussi par le service et l'entraide à l'intérieur de notre communauté chrétienne ainsi qu'envers la société en général. Toutes les personnes de l'Église réformée du Québec occupent une place privilégiée dans cette tâche qui nous est confiée, de sorte que les talents de chacun et chacune sont valorisés, développés et mis à contribution. La vie de l'Église se manifeste en particulier dans les domaines de la célébration, de l'éducation, de l'entraide et de la pastorale, de l'évangélisation et du service à la société.

7. L'Église réformée du Québec envisage et prépare également . Nous prévoyons accroître le nombre de nos Églises locales et les établir surtout dans les centres urbains des principales régions du Québec. D'autres communautés francophones hors Québec pourront également être desservies. Notre premier souci est de communiquer l'Évangile aux gens d'aujourd'hui et de montrer la pertinence de la foi chrétienne pour la vie et les questions actuelles. Nous voulons améliorer les services que nous offrons déjà dans nos communautés locales, afin d'apporter une contribution dans ces différents domaines et participer selon nos moyens à la reconstruction d'une société nouvelle.

8. Pour mieux connaître l'Église réformée du Québec, voici une présentation plus détaillée de notre histoire, de notre foi, de notre structure, de notre engagement et de notre service, ainsi que de nos projets d'avenir.

Chapitre II

D'où venons-nous?
Notre histoire

1. L'Église réformée du Québec n'est pas une '"nouvelle religion". Ses racines s'avèrent aussi profondes et aussi vieilles que celles du Québec même. Selon une, certaine conception populaire, on s'imagine que "français" est synonyme de "catholique romain" et que le protestantisme est "la religion" de races ou de peuples nonfrancophones. En fait, la Réforme protestante (pro signifie "pour", testatus signifie "ce qui est attesté, prouvé" : "en faveur de la vérité") fut lancée par un Français renommé, Jacques Lefèvre d'Étaples, professeur en théologie à la Sorbonne. Son commentaire sur l'Épure aux Romains, écrit en 1512, fut l'instrument de Dieu dans la vie du célèbre réformateur allemand, Martin Luther, et de plusieurs Français, parmi lesquels on trouve Guillaume Farel et Jean Calvin.

2 . On suppose souvent aussi qu'il n'y a aucun lien entre les réformés français - qu'on appelle aussi huguenots, protestants ou catholiques réformés - et le début du Canada. Tout comme l'opinion précédente, celleci s'avère intenable à la lumière de l'histoire. L'esprit d'initiative et surtout l'expertise économique démontes par les huguenots et leur désir de fonder une colonie loyale à la couronne de France, où ils seraient libres d'adorer Dieu comme des catholiques réformés, ont grandement contribué à l'établissement du Québec et du Canada francophone. La liste suivante des gouverneurs de Nouvelle-France révèle l'influence des réformés dans la colonie

1540 Jean-François de la Rocque, sieur de Roberval

huguenot

1598 Le marquis de la Rocque

catholique romain

1599 Pierre Chauvin de Rouen

huguenot

1602 De Chastes, gouverneur de Dieppe

huguenot

1604 Pierre de Gua, sieur de Monts, gouverneur de Pons

huguenot

1611 Charles de Bourbon, comte de Soissons

huguenot

1612 Le prince de Condé

huguenot

1620 Le prince de Condé vend le contrôle de la colonie à l'amiral de Montmorency

catholique romain

Champlain en assume la responsabilité

huguenot?

1625 Henri de Levy, duc de Ventedour

catholique romain

1629 Louis de Kerke, réfugié en Angleterre, assume les responsabilités de gouverneur de la NouvelleFrance

huguenot

1632 Traité de Saint-Germain. La Nouvelle-France est cédée au roi de France par les Anglais.

3 . L'an 1540 marque le début des expéditions et tentatives françaises de colonisation en Nouvelle-France. François ler ordonne à Jacques Cartier de faire instruire les autochtones (Indiens) "en amour et crainte de Dieu et la sainte foi et doctrine chrétienne". Il n'est aucunement question de distinguer entre "foi romaine" et "foi réformée".

4 . En 1541, le huguenot sieur de Roberval reçoit les mêmes instructions, toujours sans distinguer entre foi romaine et foi réformée, lorsqu'il est nommé vice-roi et lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-France. Ce n'est qu'en 1588, quarante-huit ans plus tard, que Henri 111, craignant le pouvoir des réformés qui possèdent deux cents villes en France, y compris La Rochelle, Montauban et Montpellier, déclare que désormais les huguenots doivent "abituer, tenir subjectz, et faine vivre en la crainte de Dieu, religion catholique apostolique et romaine" (lettre de Henri III, le 12 janvier 1588).

5 . Pourtant la Réforme continue à faire son chemin en France et "christianisme" n'est plus nécessairement synonyme de "catholicisme romain". Dix ans plus tard, les réformés font à nouveau leur apparition en force en Nouvelle-France. Pierre Chauvin, "homme très expert quoi que de la religion prétendue réformée", sieur De Monts, fondateur de Port Royal et collègue de Samuel de Champlain (aussi de souches huguenotes), devient gouverneur de la Nouvelle-France.

6. En 1608, Champlain arrive à Québec, pour épouser deux ans plus tard une réformée, Hélène Boullé, avec le plein accord de De Monts. Jusqu'en 1625, l'économie est dominée par une forte présence huguenote, et la vie quotidienne en est grandement influencée. En 1625, avec l'arrivée des Jésuites, champions de la contreréforme, on constate une campagne suivie et persistante en vue de "libérer" la Nouvelle-France de l'influence et de la présence des huguenots. En France, le cardinal Richelieu accède à l'éminence sur le plan politique et procède, avec les Jésuites, à l'écrasement des huguenots. La Rochelle tombe sous ses forces armées et Richelieu demande que désormais les huguenots soient considérés ennemis de la couronne de France à cause de "leur fausse religion".

7 . En 1627, Richelieu révoque la charte de De Caen, gouverneur en Nouvelle-France. De Caen, qui est réformé, voit sa position de gouverneur, aussi bien que son monopole commercial huguenot, cédés à une nouvelle compagnie catholique romaine. Richelieu crée la "Compagnie des Cent Associés" afin de promulguer la foi romaine dans la colonie. Malgré une telle pression, les huguenots continuent de venir en Nouvelle-France. Les archives du Vatican contiennent deux actes datés de 1635 et de 1637 insistant auprès des autorités françaises pour que les non-catholiques romains ne puissent s'établir dans la colonie. Sur le plan pratique, il est impossible d'appliquer avec rigueur la défense de 1627. En 1661, Mgr de Laval écrit à Rome pour se plaindre que les autorités françaises oublient d'observer à la lettre les désirs du roi concernant le nonétablissement des "protestants". Mais en 1665, après une série de mesures prises contre les réformés (abjuration, obligation de participer à la messe romaine, obligation de se marier devant un prêtre, dragonnades, exclusion explicite de certaines professions et occupations, calomnies, etc.), Mgr de Laval écrit au Pape Alexandre VII que presque tous les "protestants" quittent l'hôpital pour "entrer au ciel ou dans l'Église romaine". Mais cinq ans plus tard, en 1670, Mgr de Laval fait parvenir en France un nouveau mémoire visant l'interdiction d'accès à la colonie aux réformés. La même année, de Laval fait exécuter Daniel Veiel, sans doute à titre d'exemple, pour avoir embrassé à nouveau la foi réformée.

8. Malgré la position du clergé, on constate une certaine tolérance de la part des laïcs. Au moment de la révocation de l'Édit de Nantes de 1685, les huguenots cherchent à fuir l'oppression religieuse en France. Plusieurs se réfugient dans les "colonies", y compris en Nouvelle-France. Malheureusement leur souffrance y continue. Mais en 1715, Louis XIV meurt et le temps le plus difficile pour les réformés est passé. Une vraie tolérance se répand en France de même que dans ses colonies. Une reprise de l'arrivée des "colons protestants" est amorcée, de même qu'un retour des marchands réformés de la Rochelle. Toutefois, une foule de restrictions restent en vigueur. On refuse aux réformés les professions de médecin, de pharmacien, de sage-femme, d'avocat, de notaire, de juge et de tout poste civil. Il est impossible de devenir citoyen, puisque c'est le privilège de ceux qui appartiennent à la foi romaine. Les enfants des réformés sont obligés de fréquenter les écoles catholiques romaines et aucune célébration religieuse réformée ne leur est permïse.

9. Pourtant, en 1741, la présence réformée en Nouvelle-France est désormais redevenue si importante que le clergé juge nécessaire d'en avertir le Conseil de la Marine. Plusieurs entreprises protestantes de La Rochelle, de Montauban et de Rouen y ont installé leur commerce. En 1757, l'évêque Mgr de Pontbriand se plaint toujours du très grand nombre de "protestants" établis au Québec, ceci malgré les décrets explicites et malgré les pressions réitérées du clergé. En 1759, la Nouvelle-France est prise par les Anglais. Un soldat britannique note dans son journal que lors d'une célébration protestante, plusieurs protestants français y assistent avec les soldats anglais (journal du capitaine Knox). Le nouveau régime permet désormais la liberté religieuse. Après la révolution française de 1789 et la prise du pouvoir par Napoléon Bonaparte en France, l'identité et la célébration publique de la foi réformée sont officiellement reconnues en 1804. Mais ce n'est qu'avec l'arrivée à Montréal en 1835 de deux missionnaire suisses, Louis Roussy et Mme Henriette Feller de la Société missionnaire Suisse, que la foi réformée peut se structurer. A. Therrien cite les objectifs de la Société:

"Lorsque le comité des missions de Lausanne résolut d'envoyer ses premiers ouvriers auprès des tribus indiennes au Canada, un des motifs qui le décidèrent fut l'espérance qu'ils pourraient en même temps annoncer l'Évangile aux Canadiens catholiques romains qui parlent tous le français... C'est ce qui engage a quelques-uns de nos compatriotes à se consacrer exclusivement à ce peuple..."

 

10. Par leur initiative, la première paroisse est structurée en 1837. En 1839, avec l'aide des missionnaires et l'appui des protestants anglais, la Société missionnaire franco-canadienne est établie "afin d'enseigner (aux Canadiens français) les grandes doctrines de la foi réformée", plus précisément:

- la déchéance complète de l'homme;

- la divinité suprême du Seigneur Jésus-Christ;

- le caractère sacrificiel de la mort de Jésus-Christ;

- la divinité, la personne et l'oeuvre salvatrice du SaintEsprit;

- la justification par la foi seule en Jésus-Christ;

- la nécessité de la sainteté de vie qui est l'oeuvre du SaintEsprit en nous;

- la gloire éternelle du peuple de Dieu;

- la condamnation éternelle des ennemis de Dieu.

11. Bien avant le mouvement oecuménique moderne, cette Société montre déjà une grande volonté d'unité. Les Presbytériens, les Méthodistes, les Baptistes, les Anglicans et les Congrégationalistes fondent ensemble la Société "afin de répandre en français l'Évangile du Christ à tout habitant du Canada". La société vise l'établissement d'une Église francophone et indigène, non pas de segments francophones dans une dénomination majoritairement anglophone. En 1860 et encore en 1874, la Société réitère ce but:

"Le profond désir de cette Société est de se voir transformée en une Église francophone... libre des difficultés, des divisions si visibles des Églises britanniques, mais suivant tout ce qui est biblique en doctrine et en pratique. Un tel organisme ecclésiastique s'avère le plus convenable et approprié au peuple canadienfrançais".

12. Lorsque le travail de la Société se termine en 1881, l'Église presbytérienne au Canada hérite de la plupart des paroisses établies. Elle établit une commission d'évangélisation francocanadienne "afin de continuer le travail multi-dénominationnel de la Société missionnaire franco-canadienne". On nomme un secrétaire bilingue et la commission adopte les objectifs et le programme suivants:

- faire un travail de colportage;

- offrir une éducation primaire à tous, y compris à ceux qui vivent loin des écoles (internats);

- offrir de l'aide à tout groupe grand ou petit qui désire un pasteur;

- offrir de l'aide financière aux paroisses et aux groupes d'étude biblique;

- établir un poste de professeur de théologie au Collège presbytérien.

13. Les résultats du travail de la commission sont considérables. Vingt-cinq écoles et autant de paroisses sont établies. "Notre objectif est d'offrir la Bible à tous afin qu'ils reçoivent JésusChrist comme leur seul Sauveur." Plus de six mille étudiants sont formés à l'Institut français de Pointe-aux-Trembles, sans parler des autres écoles. La contribution et l'influence sur le système d'éducation provincial sont ressenties autant par les catholiques romains que par les protestants.

14. A partir de 1881, les ressources missionnaires de l'Église presbytérienne au Canada sont de plus en plus employées au développement de l'Ouest canadien. Chaque année, des immigrants arrivent par vagues successives et cette augmentation de population capte l'attention de l'Église presbytérienne et de ses efforts missionnaires. Le résultat est évident car, à partir de 1912, un affaiblissement apparaît dans la mission au Québec. Ce changement d'orientation missionnaire, accompagné d'une baisse d'intérêt pour l'évangélisation à cause d'une nouvelle théologie libérale, fait décroître l'oeuvre francophone. En 1922, trois ans avant son union avec d'autres dénominations pour former l'Église unie, l'Église presbytérienne y compte neuf paroisses, ...un déclin considérable en peu d'années. La situation ne change guère pendant cinquante ans. En 1975, trois paroisses, Saint-Luc à Montréal, Saint-Marc à Sainte-Foy et Saint-Paul à Melbourne, constituent tout ce qui survit encore de l'oeuvre francophone. André Poulin, pasteur de l'Église SaintLuc, a lancé le journal "La Vie chrétienne" qui sert d'unique publication presbytérienne en français, tandis que l'Église unie, qui compte quelques paroisses de plus que les presbytériens, publie "L'Aurore".

15. Malgré la petitesse de l'oeuvre, un nouvel essor se prépare. Ross Davidson, après avoir exercé son ministère à la paroisse Saint-Marc de Sainte-Foy, devient pasteur de l'Église SaintPaul à Melbourne. David Craig, de retour de ses études en Suisse, est installé comme pasteur à Saint-Marc en janvier 1976. Sa contribution au développement d'une Église pour les Québécois favorise la croissance de cette paroisse ainsi que l'expansion de l'oeuvre dans la région.

16. En 1978, Harold Kallemeyn, pasteur dans l'Église chrétienne réformée en Amérique du Nord ("Christian Reformed Church in North America") analyse en profondeur la situation réformée francophone de la province. Les résultats de cette analyse sont reçus avec enthousiasme, autant par son Église que par les autres ouvriers réformés de la province, et sont à la base de la contribution considérable de l'Église chrétienne réformée à l'oeuvre commune. Convaincue des possibilités de travail au Québec, cette Église refuse pourtant que cette oeuvre porte son étiquette dénominationnelle. Elle partage la même vision que nos ancêtres spirituels : avoir une seule Église réformée francophone. Dans cette optique, Harold Kallemeyn fonde une nouvelle paroisse sur la rive sud de Montréal.

17. L'Église presbytérienne en Amérique (''Presbytérien Church in America") s'intéresse aussi à la mission au Québec. Après avoir fait leur propre analyse de la situation, ses représentants sont convaincus de l'importance d'oeuvrer au Québec. Les représentants de leur agence missionnaire acceptent le principe de former une seule Église réformée francophone et deviennent à leur tour des participants actifs à cette même oeuvre.

18. L'Alliance réformée évangélique (A.R.E.) se constitue en 1978 à Montmorency, dans la région de Québec, sur la base du Manifeste de Montmorency. Afin de promouvoir l'oeuvre réformée au Québec, les membres de l'A.R.E. se donnent trois objectifs

- aider à la structuration d'une Faculté de théologie, l'Institut Farel, afin que ses étudiants reçoivent une éducation théologique complète;

- lancer un journal de réflexion biblique et théologique qui portera le nom de pue.

- publier ou rééditer des oeuvres réformées en français, telles que l'Institution chrétienne de Jean Calvin.

19. Pour structurer l'Institut Farel, l'A.R.E. fait appel au pasteur Martin Geleynse. Sa paroisse, l'Église chrétienne réformée de Montréal, le libère gracieusement pour qu'il puisse devenir le coordonnateur de l'Institut Farel. Daniel Racine est nommé rédacteur en chef de la revue Parole et Harold Kallemeyn est chargé des publications des Editions Farel.

20. Il y a un Proverbe qui dit : "Dieu ne méprise pas les petits commencements", c'est ainsi que se sont précédemment annoncés les débuts de l'Institut Farel. Depuis un certain temps, le besoin d'un organisme pouvant offrir aux Québécois une formation théologique dans la tradition de la Réforme se faisait sentir. Après quelques expériences négatives où des Québécois ont essayé d'étudier dans les institutions théologiques anglophones établies, le pasteur de l'Église Saint-Marc, à Sainte-Foy décide d'offrir, à la demande de quelques membres de son Église, des cours d'histoire de l'Église, puis de dogmatique. Il s'agit bien de "petits commencements", puisque seulement deux étudiants suivent le premier cours. Mais l'enthousiasme se communique à d'autres étudiants et cela permet d'offrir de nouveaux cours. C'est ainsi que s'ajoutent des cours de langues bibliques, donnés par John Miller. C'est d'ailleurs ce dernier qui suggère le nom d"'Institut Farel" pour cette Faculté de théologie naissante. Un cours par extension est donné à une communauté chrétienne à Montmorency, puis la demande pour l'enseignement s'accroît. Daniel Racine, alors secrétaire francophone de la Société biblique canadienne et l'un des membres fondateurs de l'Église de la Rive-Sud de Montréal, est invité à enseigner à la Faculté. Puis, l'arrivée de Martin Geleynse comme coordonnateur et doyen de l'Institut, à la demande de l'A.R.E., permet à la Faculté de se structurer et de se faire connaître davantage. Il s'agit maintenant de gérer des locaux et du personnel, d'établir un programme d'enseignement et de faire la promotion de la Faculté auprès d'autres institutions. Avec le départ de Martin Geleynse en 1986, JeanGuy deBlois devient le nouveau coordonnateur et forme, avec Jean Zoëllner, Ross Davidson et David Craig, le nouveau Conseil de direction. Un nouveau programme d'études est alors offert en vue de l'obtention du baccalauréat en théologie.

21. Peu après les débuts de la Faculté, des jeunes professionnels de Saint-Georges de Beauce, qui avaient fait partie du mouvement chrétien "Les Navigateurs" pendant leur formation universitaire, demandent un cours sur l'histoire de l'Église. En 1980, Guy Dubé prépare avec eux la fondation d'une nouvelle paroisse à Saint-Georges, et devient ensuite le premier pasteur de cette paroisse.

22 . La croissance de l'Église fait apparaître le besoin d'une structure plus formelle que celle de l'A.R.E. C'est ainsi que le S janvier 1984, à la demande du Conseil des anciens de l'Église réformée de Saint-Georges de Beauce et en présence de représentants de l'Assemblée chrétienne de Sainte-Croix de Lotbinière, de l'Église réformée SaintMarc, de la Communauté chrétienne de la Rive-Sud de Montréal et de l'Église catholique réformée de Saint-Geores de Beauce, "Il est résolu que soit établi le Conseil des Église réformées du Québec (C.E.R.Q.), qui regroupe les représentants des Églises et communautés chrétiennes engagées coopérativement pour la mission réformée au Québec, sur la base du Manifeste de Montmorency". Les objectifs du C.E.R.Q. sont alors:

- d'établir et de maintenir la liaison officielle avec les Églises dites "mères" ou coopérantes, soit l'Église chrétienne réformée en Amérique du Nord, l'Église presbytérienne en Amérique et l`Église presbytérienne au Canada;

- de coordonner la stratégie et les activités de la mission réformée au Québec;

- de rassembler dans une Église visible les paroisses issues de la mission réformée.

23. Une autre étape importante pour notre oeuvre se dessine les 10 et 11 février 1984. Lors d'une rencontre à laquelle les représentants des trois Églises coopérantes sont invités, Luc Thibaudeau leur présente les propositions suivantes de la part du nouveau Conseil des Églises réformées du Québec

- reconnaître le C.E.R.Q. comme porte-parole des Églises réformées au Québec;

- accepter la création d'une Église réformée évangélique et confessionnelle francophone;

- reconnaître la mission du C.E.R.Q. comme étant une mission coopérative de l'Église presbytérienne au Canada, de l'Église presbytérienne en Amérique et de l'Église chrétienne réformée.

24. Lors de cette réunion, il est souligné et mis en valeur les bases communes unissant les ouvriers francophones de ces trois dénominations, les liens historiques entre ces Églises réformées ainsi que l'histoire oecuménique de l'oeuvre francophone depuis son début, plus précisément depuis cinq ans. Le besoin de l'oeuvre francophone devient alors de plus en plus apparent et correspond, en quelque sorte, aux objectifs et aux sentiments de l'ancienne Société missionnaire francocanadienne de 1860, "qu'un tel organisme ecclésiastique s'avère le plus convenable au peuple canadien-français".

25. L'Église chrétienne réformée en Amérique du Nord et l'Église presbytérienne en Amérique accueillent ces propositions avec enthousiasme et leurs représentants signent un accord de principe avec le C.E.R.Q. L'Église presbytérienne au Canada, quant à elle, exprime davantage d'hésitations. Ses représentants, les pasteurs Ralph Kendall et Sam Priestly, refusent de signer à cause des convictions différentes et du pluralisme doctrinal au sein de leur propre Église. Ils comprennent toutefois les désirs et les intentions du C.E.R.Q. et sont favorables à titre individuel à la formation de cette Église, désirant appuyer cete oeuvre par leurs prières et leurs efforts matériels.

26. Pendant ce temps, de nombreuses activités se poursuivent sur le plan pastoral et missionnaire. L'établissement de nouvelles paroisses et la contribution de nouvelles personnes enrichissent la nouvelle oeuvre. Guy Dubé quitte Saint-Georges de Beauce pour poursuivre ses études théologiques. En 1983, Jean Zoëllner est alors nommé pasteur à Saint-Georges à la suite de son ordination par l'Église presbytérienne en Amérique. Lors de son retour au pays à l'été 1984, Guy Dubé, ordonné par l'Église chrétienne réformée, est installé à la paroisse de Sainte-Croix de Lotbinière. Alors que François Cordey prend la responsabilité pastorale de l'Église SaintMarc à Sainte-Foy à l'été 1984, une nouvelle paroisse peut en même temps voir le jour à Trois-Rivières avec David Craig. A Ottawa également, une oeuvre francophone se développe depuis 1985 par le travail de Yannick Baudequin, avec la collaboration de l'Église chrétienne réformée d'Ottawa et du C.E.R.Q. En juillet 1986, Mario Veilleux remplace Guy Dubé à Sainte-Croix de Lotbinière. Pour la première fois, au mois d'octobre de cette même année, les pasteurs et les anciens affiliés au C.E.R.Q procèdent à l'ordination d'un ancien, Mario Veilleux, à l'Église de Lotbinière. Pendant ce temps, Guy Dubé va fonder une paroisse à Montréal. L'année suivante, Jeff Marlowe prend la place de Harold Kallemeyn en acceptant, à l'automne 1987, de répondre à l'appel de l'Église de Saint Lambert sur la rive sud de Montréal. En même temps, un groupe de personnes appartenant à cette Église fait appel à Francis Foucachon pour venir fonder une Église à Repentigny. Un autre ancien, Georges Boisvert, est ordonné en septembre à Sainte-Croix de Lotbinière. Deux mois plus tard à la même Église, le 29 novembre 1987, on procède cette fois à l'ordination du premier pasteur, Mario Veilleux. Dans la région de Québec, des efforts sont également fournis pour permettre la formation d'une paroisse, en septembre 1988, sur la rive sud de Québec, à partir de quelques familles de Saint-Marc et avec la contribution de Jean-Guy deBlois.

27. Depuis maintenant dix ans, pas moins de sept nouvelles paroisses ont ainsi pris naissance. Des projets missionnaires ont également vu le jour, par exemple dans les régions de lOutaouais, Québec, Sherbrooke, et la Côte Nord, sans toutefois atteindre les résultats escomptés. Cependant, d'autres projets de développement viennent de démarrer ou sont mis à l'étude à Sherbrooke encore, au Lac Saint-Jean, en Beauce, etc.

28. Depuis la formation du Conseil des Églises réformées du Québec en 1984, la structuration et le développement de l'oeuvre se poursuivent, mais de nombreuses tâches restent à accomplir avant l'établissement officiel de l'Église réformée du Québec (É.R.Q.). C'est ainsi que la répartition du travail s'effectue à l'intérieur des différents comités relevant du C.E.R.Q. : L'élaboration des principes de gouvernement et de structure ecclésiastique est confiée au comité pour l'organisation de l'Église, qui doit achever la mise par écrit d'un document sur l'ordre et la discipline ecclésiastiques de I'ÊR.Q. Le 8 juin 1985, les représentants des différentes paroisses mettent ce document en application et acceptent ainsi le statut d"'Églises membresassociées" du C.E.R.Q. L'Église réformée du Québec est alors établie "en principe". Le comité de la confession de foi, responsable de doter la nouvelle Église d'une base confessionnelle adéquate, permet l'adoption du Catéchisme de Heidelberg le 6 novembre 1987 et de la Confession de foi de Westminster le 19 août 1988. Le comité de la vision et de la stratégie missionnaire, quant à lui, poursuit la coordination du développement de la mission. Enfin, le comité de la formation des responsables et le comité de traduction de matériel éducatif pour les enfants apportent une contribution supplémentaire au domaine de l'éducation.

29. C'est ainsi que tout est maintenant en place pour l'étape suivante, l'inauguration officielle de l'Église réformée du Québec, lors de la commémoration de la Réforme le dimanche 6 novembre 1988 au Château Frontenac, à Québec.

Comme Dieu a dit à son peuple par son prophète Ézékiel:

"Je t'ai promis fidélité et j'ai conclu une alliance avec toi. C'est ainsi que tu fus à moi, je l'arme, moi, le Seigneur" .

Chapitre III

Que croyons-nous?
Notre foi

1. Tout au long de leur histoire, les chrétiens réformés ont accordé une importance primordiale au contenu de la foi. "A quoi ou en quoi croyons-nous?" C'est pourquoi l'éducation dans la foi, des enfants aussi bien que des adultes, est un domaine que nous mettons en valeur.

2. Nous croyons avant tout à qui est le moyen privilégié par Dieu pour guider son et nous faire connaître la vérité. Elle nous enseigne qui nous sommes, comment vivre heureux, ce qu'il faut croire et surtout qui est Dieu et ce qu'il fait pour notre bonheur. C'est pourquoi nous sommes fermement attachés à la Bible et nous voulons mieux la faire connaître. Voilà pourquoi aussi dans chacun de nos foyers, la lecture et l'étude de la Bible sont à l'honneur. Nous croyons que Dieu s'exprime clairement dans sa Parole et qu'ainsi tout le monde peut la lire et comprendre son message avec l'aide de son Saint Esprit.

3. Nous croyons que Dieu est le Créateur du monde et qu'Il soutient et gouverne toute sa création. II s'intéresse à tous les êtres humains de toutes conditions, et tous les domaines de notre existence Lui appartiennent. Tous les aspects de la vie, aussi bien publics que privés, comportent donc une dimension religieuse. Nous sommes responsables devant notre Créateur de la gérance des biens qu'Il nous a confiés. Car c'est Lui qui nous donne la vie et nous place dans la société où nous sommes. Il a créé l'être humain bon, doué d'intelligence et de discernement moral. I1 a voulu avant tout que nous soyons en relation harmonieuse avec Lui. Nous avons été faits pour connaître Dieu, l'aimer, le servir et vivre dans une parfaite justice. Il nous a confié des responsabilités sur le plan du travail, de la famille et de la société. Nous croyons en particulier que la famille a été donnée par Dieu à l'humanité pour son bonheur. C'est pourquoi nous y portons un intérêt tout particulier.

4. Mais nous croyons aussi que l'être humain est tombé dans un état misérable de péché et qu'il est incapable de s'en sortir par lui-même. Par notre rejet de Dieu et de ses commandements, nous offensons Dieu gravement et nous méritons tous son sévère jugement. Nous avons brisé cette relation harmonieuse avec Lui et nous fuyons devant les responsabilités qu'Il nous a données. Nous nous privons ainsi d'un bonheur durable. Par nos propres forces, nous sommes incapables de régler les problèmes de notre société ainsi engendrés : les crimes et les injustices de toutes sortes, les problèmes écologiques, les souffrances morales, psychologiques et physiques, ainsi que la mort. Nous avons besoin d'être secourus.

5. Nous croyons que Jésus-Christ, Dieu le Fils, est né miraculeusement de la vierge Marie, qu'Il a souffert sur la croix, qu'Il est mort et est ressuscité corporellement pour nous secourir de notre misère. Depuis toute éternité, Dieu avait prévu de nous envoyer son Fils, et son projet s'est bien réalisé. Il a parfaitement obéi aux commandements de son Père, en même temps qu'Il a subi à notre place le châtiment que nous méritions. II a remporté une victoire éclatante et décisive sur le péché et la mort, en même temps que sur le diable et sur ses oeuvres mauvaises.

Il a fait cela pour restaurer la création et pour nous réconcilier avec Dieu, afin de donner un sens à la vie et de procurer le bonheur et la vie éternelle à ceux et celles qui mettront leur confiance en lui. Cette vie nouvelle est un don gratuit de sa part. Tout cela montre la grandeur et la gloire de Dieu, son amour immérité et sa justice irréprochable.

6. Nous croyons au Saint-Esprit, troisième personne de la Trinité, qui fut pleinement accordé à l'Église du Christ au jour de la Pentecôte. Le Saint-Esprit assemble des gens de tous peuples et de toutes nations dans l'unité du Corps du Christ. Jésus est avec nous au moyen de son Esprit, qui nous console et nous défend. Il nous parle et nous conduit dans la vérité au moyen de la Bible, la Parole de Dieu. Nous nous en remettons à l'Esprit de Dieu qui conduit et renouvelle son Église et nous permet de vivre en véritables fils et filles de Dieu. L'Esprit inspire la mission de l`Église. Il se sert des jeunes et des vieux, des hommes et des femmes, et les envoie proclamer la Bonne Nouvelle de la Grâce. Il accorde ses dons à chaque croyant en vue de la louange et du service du prochain, et ces dons sont riches et variés. Nous nous réjouissons avec reconnaissance des dons accordés aux autres, et nous nous voyons nousmêmes comme des dons offerts à la communauté de la foi, qui se réjouit dans toutes les oeuvres créatrices de l'Esprit.

7. Nous croyons que le coeur des gens doit être profondément transformé et que seul le Saint-Esprit peut opérer notre régénération. Ce changement radical n'est ni le produit d'un développement progressif, ni l'amélioration des habitudes de vie, mais un acte instantané et un renouvellement profond que Dieu accomplit par le Saint-Esprit. Cette régénération devient évidente par la nouveauté de vie qu'elle produit, puisque l'on se tourne alors vers Dieu par la conversion et la foi en JésusChrist. La foi est l'acte par lequel la personne accueille la vérité de l'Évangile, s'appuie sur les promesses qui y sont contenues et croit en Jésus-Christ comme unique Sauveur et Seigneur de sa vie. La foi s'accompagne de la repentance qui s'attriste des erreurs et des fautes commises. La foi attend de Dieu le pardon des péchés et la vie nouvelle. Sans la foi, sans une réelle conversion, personne ne peut participer au Royaume de Dieu ou s'attendre à son Salut. Dieu, ayant renouvelé la vie du pécheur, le rend capable de vivre une vie d'obéissance et de consécration. Tous les chrétiens doivent ainsi manifester le fruit de leur foi par des signes concrets : des actes inspirés par amour envers Dieu et envers le prochain. Bien que sanctification soit un processus, et que la perfection ne soit pas atteinte avant le seuil de la gloire éternelle, tout fdèle doit la poursuivre.

8. Nous croyons que l'Élise a été instituée par Jésus et que Dieu en a eu lui-même le projet et l'initiative depuis le commencement du monde. L'Église possède des aspects visibles et invisibles. Les vrais chrétiens appartiennent à l'Église invisible. Jésus-Christ seul en est le Chef suprême. A vrai dire, l'existence de l'Église remonte à l'origine de l'humanité; elle a été constituée par tous les fidèles témoins de Dieu à travers les âges, et elle persistera jusqu'à la fin des temps. L'Église apparaît visiblement dans la communion de ceux et celles qui confessent la vraie foi, eux et leurs enfants. C'est le devoir de tout chrétien de se joindre à l'Église visible, de soutenir celle qui proclame fidèlement la Parole de Dieu, administre correctement les sacrements et exerce une discipline spirituelle. En ce qui a trait aux l'Église réformée du Québec, avec les autres Églises de la Réforme, croit que Jésus en a institué deux : le baptême et la sainte Cène (ou communion). Les sacrements accompagnent la proclamation de la Parole et attestent les promesses de la Nouvelle Alliance, en particulier la promesse du pardon et de la vie éternelle à tous ceux qui croient en Jésus-Christ.

9. Nous croyons que Dieu a fixé un but pour notre monde et qu'Il conduit l'histoire vers ce but : Jésus reviendra sur la terre pour avoir la victoire complète sur le mal. II fera cesser toutes les injustices qui nous

bouleversent et Il établira la paix et l'harmonie durable dans la nouvelle création. Pour cela, II va ressusciter et juger tous les êtres humains, car II nous tient responsables de nos actions. Avec tristesse, nous devons dire qu'Il punira éternellement ceux qui l'auront rejeté. Mais Il donnera gratuitement la vie et le bonheur éternels à ceux qui auront eu confiance en lui, afin que les siens se réjouissent et chantent son honneur auprès de Lui.

10. Pour une présentation plus détaillée de ce que croit et enseigne l'Église réformée du Québec, on pourra se référer à des textes officiels, reconnus également par d'autres Églises chrétiennes dans le monde. Nous acceptons bien sûr, comme les autres chrétiens, les grands crédos oecuméniques que sont le Symbole des Apôtres, le Symbole de Nicée-Constantinople (325, 381), le Symbole dit d'Athanase (5e ou 6e siècle). Nous nous appuyons également sur des textes provenant de la Réforme de l'Église ou sur d'autres plus cents, tels que la Confession de foi de Lai Rochelle (France, 1559), le Catéchisme de Heidelberg (*) (Allemagne, Pays-Bas, Hongrie, Suisse,..., 1563), les Canons du Synode de Dordrecht (PaysBas, Grande-Bretagne, Allemagne, Suisse,..., 1618-1619), la Confession de foi de Westminster (*) (Angleterre, Écosse, 1643-1649), le Témoignage contemporain (Canada, États Unis, 1983).

Seuls les textes marqués d'un (*) ont toutefois été officiellement adoptés comme base doctrinale de l'Église réformée du Québec et reçoivent l'adhésion officielle de ses anciens, pasteurs et évangélistes.


Chapitre IV

Comment sommesnous organisés?

Notre structure

1. Jésus ne veut certainement pas une Église sans structure et sans direction. Bien que nous ne trouvions pas beaucoup de détails à ce sujet dans la Bible, nous pouvons néanmoins en dégager les grandes lignes directrices:

a) Seul Jésus-Christ est le chef de l'Église et personne d'autre n'a le droit de prétendre à cette place. La Bible est la seule règle infaillible et définitive pour la vie de l'Église. C'est par elle que Jésus s'adresse à son peuple. Les autres règles établies par la tradition de l'Église peuvent être utiles et même importantes, mais doivent toujours être évaluées et, au besoin, réformées à la lumière de la Bible.

b) L'Église de Jésus-Christ est composée de tous ceux et celles qui, avec leurs enfants, sont appelés par Lui et qui répondent à cet appel par la foi vécue.

c) Jésus-Christ rassemble les siens au niveau local et régional, et Il dirige son Église à ces niveaux au moyen des anciens. Le conseil des anciens a le droit de prononcer son jugement au nom de l'Église de JésusChrist.

d) Jésus-Christ prend soin des siens et Il manifeste sa sollicitude envers son Église au moyen des diacres. Le conseil des diacres apporte de l'aide matérielle, émotionnelle et spirituelle aux gens dans le besoin.

2. A partir de ces quelques principes bibliques, l'Église réformée du Québec a formulé des règles de fonctionnement - qu'on appelle "ordre et discipline ecclésiastiques" - permettant à ses membres et responsables de s'engager ensemble et fidèlement dans la vocation à laquelle Dieu les a appelés. Cette formulation est sujette à des modifications dans l'avenir, si la situation au sein de l'Église réformée du Québec l'exige et pour autant que cela soit en accord avec la Bible. On y trouve des sections concernant les sujets suivants : l'Église, les fonctions officielles d'ancien et de diacre, les ministères particuliers de pasteur et d'évangéliste, les conseils local et régional ainsi que les membres et la discipline spirituelle.

3. L 'Église est constituée de tous les fidèles de toutes les époques, et a pour Chef réel et vivant JésusChrist. Cette Église prend une forme visible dans l'espace et le temps, là où la Parole de Dieu est fidèlement proclamée et mise en application, où les sacrements du Seigneur sont légitimement administrés et reçus et où la discipline biblique est maintenue et respectée. L'Église s'en remet au SaintEsprit qui la fait vivre et lui permet de réaliser sa vocation en lui accordant les dons et les talents nécessaires pour sa mission. L'Église réformée du Québec fait partie de cette Église visible et est constituée de communautés chrétiennes francophones situées en Amérique du Nord, principalement au Québec.

4. Dans l'Église réformée du Québec, nous reconnaissons les deux fonctions officielles d'ancien et de diacre. Lee anciens sont appelés et ordonnés en vue de guider l'Église locale selon l'Écriture.

Ils forment le conseil local, composé d'au moins trois anciens y compris le pasteur. Le conseil des anciens exerce le ministère de la prédication et celui de l'administration des sacrements lors des cultes publics. De plus, il est responsable de l'éducation chrétienne et de la gestion des affaires de l'Église. Les anciens fournissent une aide pastorale aux membres de l'Église. Ils favorisent les relations harmonieuses entre les membres et encouragent leur engagement dans la croissance de l'Église. Le conseil local convoque au moins une fois par année une assemblée générale des membres pour examiner ensemble les affaires de l`Église. Ce sont également les anciens qui représentent officiellement l'Église. Les anciens sont choisis et ordonnés par l'Église locale, avec l'approbation du conseil régional.

5. Les diacres sont appelés et ordonnés en vue de servir l'Église locale et le monde qui l'entoure au nom du Seigneur, selon l'Écriture. Le conseil des diacres exerce les ministères de l'aide aux membres dans le besoin, de la distribution des dons en argent ou en nature, et de la formation des membres en ce qui concerne les biens matériels. Par l'exercice de leur ministère, l'amour du Christ devient visible et réel, en particulier aux nécessiteux et à ceux et celles qui souffrent matériellement, physiquement, émotionnellement et spirituellement. Les diacres servent l'Église par son engagement et par son exemple. Ils sont un modèle qui stimule chaque membre à s'engager avec fidélité dans son service particulier. Les diacres exercent leur ministère avec l'encouragement et sous la responsabilité des anciens. Les diacres sont choisis et ordonnés par l'Église locale.

6. On retrouve dans l'Église des ministères particuliers dans lesquels des personnes se consacrent à l'étude et à l'enseignement de la Parole de Dieu ainsi qu'à la prière : les ministères historiques et non renouvelables d'apôtre et de prophète et les ministères actuels d'évangéliste et de pasteur. L'évangéliste est ancien dans l'Église locale qui l'a appelé. La tâche principale de l'évangéliste est de former et d'organiser de nouvelles Églises locales. Par conséquent, il doit être apte à évangéliser pour amener les gens à Jésus-Christ, à prêcher et à enseigner la Parole, à présider les cultes publics, à administrer les sacrements, à donner une formation de base aux jeunes, à exercer la discipline et à gérer les affaires de l'Église naissante. Le pasteur est aussi un ancien de l'Église locale. La tâche du pasteur consiste principalement à édifier l'Église locale établie, en assurant en particulier la prédication, l'enseignement de la Parole, l'administration des sacrements et l'aide pastorale. La supervision et la rémunération de l'évangéliste ou du pasteur sont la responsabilité du conseil local de l'Église qui les appelle. Le conseil régional, quant à lui, est responsable de leur formation spirituelle, personnelle et professionnelle.

7. Le conseil régional est une assemblée régionale des anciens délégués par les Églises locales. Chaque conseil local y délègue son pasteur et un ancien. Le conseil régional se réunit périodiquement pour s'occuper des affaires de l'Église réformée du Québec et des questions soulevées par les conseils locaux. Les sujets débattus et les décisions prises concernent en particulier la doctrine, la mission, le culte et l'organisation de l'Église. Le conseil régional est aussi responsable de la formation des pasteurs, des évangélistes et des anciens, et il supervise leur ordination.

8. Soulignons également que l'Église réformée du Québec a bénéficié ou bénéficie encore des services de missionnaires de l'Église chrétienne réformée en Amérique du Nord, de l'Église presbytérienne au Canada et de l'Église presbytérienne en Amérique, qui exercent leurs ministères dans l'Église réformée du Québec en tant qu'évangélistes et pasteurs. Ces missionnaires ont collaboré à l'établissement de l'Église réformée du Québec et en sont les co-fondateurs.

9. L'Église réformée du Québec est constituée de membres qui adhèrent librement à une Église locale de leur région. Les membres professants sont des hommes et des femmes croyant en Jésus-Christ, qui ont reçu le baptême, qui ont professé publiquement leur foi devant les anciens et devant l'Église, et qui sont, par conséquent, acceptés à part entière dans la communauté de l'Église. Les enfants des membres professants reçoivent le baptême parce qu'ils participent aussi à l'alliance de Dieu. Ils sont considérés comme étant des membres non-professants de l'Église. Afin de les préparer à entrer dans la pleine communion de l'Église par la profession de leur foi, ils sont éduqués dans la foi chrétienne.

10. Les membres professants bénéficient des privilèges de cette alliance de Dieu et en assument les responsabilités . Ils contribuent au bien-être de l'Église en lui donnant volontairement de leur temps et de leur argent, et en y exerçant leurs talents. Ils participent aux cultes et aux assemblées de l'Église. Ils reçoivent le support et l'encouragement de cette famille spirituelle à laquelle ils appartiennent. En effet, les membres de l'Église ont été baptisés pour former un seul Corps par l'Esprit-Saint de Dieu. Celui-ci enseigne les membres du Corps et les conduit à s'aimer, à s'entraider et à porter les fardeaux les uns des autres pour obéir ainsi à la loi du Christ. L'unité et l'harmonie de la famille de Dieu sont recherchées afin de préserver l'honneur de Dieu. Ces membres témoignent également de la grâce de Dieu et vivent avec leurs enfants dans l'amour et le respect du Seigneur. Dans la société, ils recherchent l'honnêteté et la paix avec tout le monde; ils veulent se rendre utiles aux autres. Ils s'instruisent dans la Parole de Dieu, prient les uns pour les autres et pour la société et participent' à la mission de l'Église pour que d'autres personnes soient gagnées au Christ et que le Royaume de Dieu soit propagé.

Chapitre V

Que faisons-nous et qu'offrons-nous?

Notre engagement et notre service

1. Participant à la grande mission de l'Église universelle, l'Église réformée du Québec a reçu de la part de Dieu une vocation et une mission spécifiques. Nous désirons répondre à cet appel par notre engagement et notre service chrétien dans l'Église et dans la société. Déjà les sections précédentes sur l'histoire, la foi et l'organisation de l'Église réformée du Québec ont permis d'indiquer plusieurs aspects de cet engagement et de ce service chrétien. Qu'il suffise de rappeler les principaux domaines dans lesquels se manifeste la vie de l'Église et les services qu'elle offre : la célébration, l'éducation, l'entraide et la pastorale, l'évangélisation et le service à la société.

2. Considérons d'abord la célébration. Dieu invite ses enfants ainsi que toute la création et tous les êtres humains, quelle que soit leur condition, à venir Le rencontrer d'une manière spéciale pour lx célébrer. C'est pourquoi nous nous réunissons régulièrement, d'ordinaire le dimanche, pour répondre à l'appel de Dieu. Nous venons en famille L'adorer, Le louer et chanter les choses merveilleuses qu'Il a faites, lx prier, Lui demander pardon, Lui présenter nos besoins et Lui demander son aide, L'écouter attentivement et participer aux sacrements. Nous voulons ainsi que les personnes de tout âge puissent dire à Dieu leur reconnaissance et leur attachement, célébrer ensemble ses oeuvres et ses bénédictions et recevoir ses instructions pour leur vie.

3. En ce qui a trait à l'éducation, nous sommes instruits par la Bible, la Parole de Dieu, pour mieux connaître le Seigneur. Nous voulons ainsi permettre à chacun et à chacune de développer des habitudes de vie qui plaisent à Dieu et de vivre d'une manière responsable, conforme à sa volonté, dans un engagement de tout instant et sur tous les plans : individuel, familial et social. Dans cette optique, nous offrons un programme structuré d'éducation religieuse pour les enfants de 4 à 15 ans, une préparation au baptême ainsi qu'à la profession de foi, des cours de préparation au mariage, des rencontres de réflexion et d'échanges sur l'Évangile, des études bibliques sur des thèmes variés, etc. Nous bénéficions également de la présence de l'Institut Farel, la Faculté de théologie réformée de Québec, qui offre un programme de formation autant pour les futurs pasteurs, anciens et diacres, que pour toute personne désirant servir dans l'Église ou cherchant simplement à mieux connaître la Bible.

4. Concernant l'entraide et la pastorale. nous sommes une communauté unie en Christ où, ensemble, nous pouvons connaître le pardon et la guérison de Dieu. Nous voulons ainsi devenir responsables les uns des autres en nous visitant, en nous accueillant, en nous entraidant, en nous encourageant et en partageant nos joies et nos soucis. Nous voulons aussi aider chaque nouvelle personne à trouver sa place dans l'Église, le Corps du Christ, et permettre à tous d'exercer les dons que le Seigneur leur a accordés. Développer le sens de la famille et de l'amour authentique est au coeur de nos préoccupations. Nous offrons et favorisons un milieu d'accueil, d'entraide et de partage en signe de reconnaissance pour ce que Dieu a fait pour chacun de nous. A ceux et celles qui vivent une situation de crise ou aux personnes qui en ressentent le besoin, nous offrons également, dans la mesure du possible, l'aide d'un conseiller familial, conjugal, personnel et spirituel.

5. Considérons finalement l'évangélisation et le service ü la société. En tant que partenaires dans l'oeuvre rédemptrice de Dieu envers sa création nous faisons connaître la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ et nous témoignons de son amour en paroles et en actes dans le milieu où Dieu nous a placés. Nous voulons ainsi utiliser nos moyens et nos ressources afin de présenter un témoignage communautaire auprès de notre entourage. Nous voulons aussi aider chaque personne de l'Église à être témoin de sa foi. Selon les ressources que Dieu a mises à notre disposition, nous nous efforçons de venir en aide aux gens qui sont dans le besoin.


Chapitre VI

Quels sont nos projets?

Notre avenir

1. La principale préoccupation de l'Église réformée du Québec est de faire connaître la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ aux gens de notre temps et de mettre en valeur la richesse de la foi chrétienne d'expression réformée. En effet, cette vision intégrée du monde et de la vie, qui s'enracine dans la révélation biblique, répond le mieux, à notre avis, à la quête actuelle des gens et aux besoins profonds de l'être humain. Nous cherchons à mettre à l'honneur la gloire de Dieu, sa grandeur, son amour et sa justice qu'Il a montrés dans toutes ses oeuvres et de façon toute particulière en Jésus-Christ.

2. Nous désirons participer au grand projet auquel Dieu nous a associés et qui concerne autant communication de l'Évangile aux gens d'aujourd'hui que le développement de l'Église de Jésus-Christ, peuple de Dieu. Nous voulons ainsi montrer la pertinence de la foi chrétienne pour la vie et les questions actuelles. Les problèmes et les enjeux relatifs au mariage, à la famille, à l'éducation, au monde du travail et de la santé, font partie, à titre d'exemple, de nos préoccupations. Nous voulons également travailler à la croissance de notre Église, en nombre et en maturité. Chacune de nos Églises locales est appelée à s'auto-financer, à s'auto-gouverner et à s'autopropager, de sorte que chaque paroisse puisse non seulement subvenir à ses propres besoins, mais qu'elle apporte aussi une contribution à la mission et à la multiplication des Églises. Nous prévoyons accroître le nombre de nos Églises locales et les établir surtout dans les centres urbains des principales régions du Québec. D'autres communautés francophones hors Québec ou ailleurs qu'en milieu urbain pourront également être desservies, comme c'est déjà le cas.

3. La solidification de nos Églises locales actuelles se réalisera entre autres par l'amélioration des services que nous y offrons déjà dans les domaines de la célébration, de l'éducation, de l'entraide et de la pastorale ainsi que de l'évangélisation et du service à la société. C'est ainsi que nous pourrons par exemple élaborer un nouveau recueil de chants et améliorer la qualité musicale, artistique et liturgique de nos célébrations, développer un programme d'éducation plus complet pour tous les âges, accroître nos ressources pour la relation d'aide, élaborer un programme plus structuré de service diaconal pour les gens dans le besoin, mettre en action une stratégie missionnaire adaptée au milieu urbain ainsi qu'aux besoins actuels, etc. La découverte, le développement et l'exercice des talents de tous nos membres seront favorisés et même requis, puisque la mission appartient à l'ensemble du Corps en action.

4. D'autres projets plus particuliers vont se poursuivre ou seront mis de l'avant dans l'avenir : une formation plus avancée est déjà offerte, en collaboration avec l'Institut Farel, pour nos futurs pasteurs, évangélistes, anciens et diacres, et pourra être améliorée dans les prochaines années; nous envisageons la rédaction d'une nouvelle confession de foi, conforme aux confessions de la Réforme, mais plus typiquement québécoise et répondant à des préoccupations d'actualité; nous pourrons développer des services spécifiques aux ouvriers, aux universitaires et aux professionnels, ou à d'autres groupes selon leur âge, leur occupation ou leur condition; nous désirons amorcer, maintenir ou développer des relations harmonieuses avec les autres Églises chrétiennes; nous pourrons rejoindre et aider d'autres communautés ethniques qui s'installent maintenant dans nos régions; etc.

5. L'Église réformée du Québec' trouve son appui avant tout en la providence de Dieu, son Créateur et son Soutien, en la direction de Jésus-Christ, son Chef et son Berger, en la lumière de l'Esprit-Saint, son Guide et son Consolateur, qui réalisera Lui-même son projet rédempteur et nous donnera les moyens d'y participer en attendant l'établissement final du Royaume de Dieu. En tant que partenaires dans son alliance, nous sommes en quelque sorte, avec toute l'Église du Christ, "le ministre de Dieu" sur la terre; nous désirons apporter une contribution substantielle à la tâche qu'Il nous a confiée et participer selon nos ressources à la reconstruction d'une société nouvelle.

Bibliographie

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BEDARD, Marc-André, Les Protestants en NouvelleFrance. Cahiers d'histoire no. 31. La Société historique de Québec.

DUCLOS, R. P., Histoire du protestantism e français au Canada et au Etats-Unis. Imprimeriesréunies. Lausanne, Suisse.

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STROUT, Richard, The Latter Years of The Board of French Eyangelisation of The Presbyterian Church in Canada, 1895-1912. Thèse de Maîtrise publiée à l 'Université Bishops, Lennoxville, Québec,1986.

 

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